Le réseau à 10 sous, c'est pas cher.

Publié le par greg

Bonjour à tous,

Cela fait bien longtemps que je n'avais pas bloggé. C'est donc conscient d'une sorte de dette que j'aurais envers les lecteurs réguliers de ce blog que je reprends le clavier aujourd'hui. Pour me faire pardonner je vous ai concocté un véritable petit article de geek : «comment se faire un réseau informatique à 10 sous».
Alors tout d'abord les questions :
  1. Quel genre de réseau ?
  2. Quels genres de 10 sous ?
  3. Comment ça marche ?
  4. Comment ça ne marche pas ?
  5. Conclusion ?
1° Quel genre de réseau.
Il s'agit d'un réseau de machines d'occasions tournant sous GNU/Linux et proposant l'interface graphique KDE. Les postes clients sont des portables d'occasion pouvant éventuellement être branchés sur des écrans externes. Le serveur est également une machine d'occasion bien fournie en RAM. Divers materiels réseau (1 switch, des câbles RJ45) sont également nécessaires. Le tout acheté sur Ebay et pouvant faire travailler au moins 5 personnes. Le mode client serveur propose de sérieux avantages sur le modèle dit «stand alone» autrement dit chacun dans son coin : L'administration est centralisée, les sauvegardes et les ressources aussi.

2° Quels genres de 10 sous.
Dans mon cas, le serveur a couté 175 euros port compris, il s'agit d'une machine Visualize 3650 de chez HP équipé d'un processeur RISC 64 bits PA-8700@625Mhz avec 2Go de Ram et 36Go de disque SCSI. Les portables sont un Crusoe à 600Mhz & 128Mo Ram et un intel PIII à 800Mhz avec 256Mo de ram (la rolls) que je possède depuis longtemps et qui prenaient la poussière. Vous trouverez sur Ebay des portables tout à fait capables de faire terminal (au moins 300Mhz et 64Mo de Ram) pour moins de 100 euros (j'ai vu des PII@400Mhz avec 128Mo de ram partir pour 30 euros). Bref, s'il vous reste des sous, investissez dans des écrans plats 17 ou 19", des souris et des claviers (10 euros le pack usb d'occasion).

3° Comment ça marche.
Il existe plusieurs méthodes pour faire du client-serveur en poste de travail :
- Client X lourd : Un système d'exploitation (linux) minimal est installé sur le poste de travail. Son but est de lancer X en mode distant sur le client.
- Client X léger : Le client charge son système d'exploitation au démarrage et lance X en mode distant (pas  besoin de disque sur le client).

Chaque façon de faire propose des avantages et des inconvénients;
- client lourd : le système est sur le client
  • - Travail d'administration plus élevée, il faut installer et configurer les clients.
  • - Pas de possibilité d'utiliser les périphériques du client (usb, son etc).
  • + Charge réseau plus faible
  • + Technicité de la mise en place peu exigeante.
  • Nécessite au moins quelques Go de disque sur le client.
- client léger : le système est sur le serveur et téléchargé par le client au démarrage.
  • - Ne marche pas sur les machines ne proposant pas de boot réseau (PXE)
  • - Grosse charge réseau (au moins une cart à 100Mb/s.)
  • + Facilité d'administration et de mise à jour des systèmes clients.
  • + Possibilité d'utiliser les périphériques du client.

Dans tous les cas, les utilisateurs travaillent sur le serveur de façon transparente. Aucune connaissance en  informatique n'est requise si ce n'est l'utilisation du système graphique.
La perspective d'utiliser une interface graphique sous GNU/Linux peut au prime abord faire peur au non initié et souffre d'ailleurs toujours d'une très mauvaise presse de la part des revendeurs informatique. Avec des distributions comme Ubuntu et des interfaces comme KDE cela n'est plus vrai, il suffit d'essayer pour se laisser convaincre. D'autant que GNU/Linux propose moultes interfaces graphiques différentes pour ceux qui n'aiment pas KDE (Gnome par exemple ou XFCE pour ceux qui avaient l'habitude de bosser sous Unix) toutes traduites en français.

4°Comment ça ne marche pas.
Ce type de réseau est limité au niveau affichage car l'interface graphique est envoyée du serveur vers le client par le réseau. Cela ne fonctionnera donc pas ou très mal dans le cadre d'une utilisation avec de la vidéo ou des jeux 3D.

Si, comme moi, vous optez pour un serveur non i386 (pas du PC) sachez que vous ne trouverez pas de logiciels propriétaires compilés pour votre plate-forme. C'est à dire pas de plugin Flash, pas de skype etc etc. Ormis ce défaut, les machines Unix (Sun ou HP) présentent d'excellentes performances rapport au prix auquel on peut les trouver d'occasion et sont souvent bien fournies en RAM (point important). Vous trouverez peut être de bonnes affaires (machines multi-processeurs etc) pour deux ou trois cents euros. Ces machines ne sont pas des bêtes de courses mais se comportent très bien sous la charge ce qui est appréciable dans le cadre d'une utilisation de bureau multi-utilisateurs. D'autre part, pour les utilisateurs d'Ubuntu, le port HP-PA n'est pas officiel et il manque certains paquets importants (openoffice2 par exemple).

Dernier point, mon expérience de terminaux wifi autour d'un access point freebox me permet de vous déconseiller d'échaffauder un investissement autour de ce concept. Ça marche tout simplement très mal.

5° Conclusion
Ce type d'architecture répond bien aux problématiques informatiques communautaires simples. C'est à dire que cela vous rendra un immense service pour tout ce qui est associations, TPE, SOHO ou colocation pour peu que vous ayiez des besoins simples : traitement de texte, internet, développement, retouche d'image & photo etc c'est à dire à peu près 80% de l'activité informatique dite «ordinaire». Le prix investi est également un avantage intéressant car pour environ 500 euros vous pouvez avoir un réseau 5 postes avec CDRom, imprimante et scanner partagés sur le serveur central et tous les avantages de GNU/Linux : stabilité, performances, absence de virus et sécurité. Les avisés investiront également dans un lecteur de bande DAT pour effectuer des sauvegardes régulières des données utilisateurs toutes stockées sur le serveur.

Joyeux Noel.
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Publié dans geekblog

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