Lundi 29 décembre 2008
Bonsoir à toutes et tous,

Tout d'abord et comme d'habitude quelques mots pour vous présenter mes excuses de ne pas avoir bloggé plus souvent ces derniers temps. Ce n'est évidemment pas le manque de choses à dire, sf 1.2 est sorti, je secoue doctrine et suis agréablement surpris, j'ai encore quelques nouvelles basheries sous le coude et surtout ... j'ai commencé il y a un peu plus d'un mois, un livre sur Vim dont je vous parlerai plus longuement un autre jour.
Le sujet qui me préoccupe aujourd'hui sort après quelques semaines, voire mois, d'avoir l'impression que quelque chose me dérange du coté de la pomme (et suite à la lecture de Linuxfr).

Pour vous situer ma petite histoire, j'ai acheté en 2006 un mac mini équipé de OSX 10.4 et il y a un an, un macbook équipé de OSX 10.5. Pour être honnête, je ne suis pas l'utilisateur principal de ces machines pour des raisons que j'exposerai un peu plus tard. J'ai, depuis le début, vu d'un très bon oeil le fait que la part des utilisateurs de systèmes autres que ceux de Redmond était en augmentation constante. Je reste convaincu que la maturité de l'informatique viendra quand les utilisateurs pourront s'adapter à toutes sortes d'interfaces. Utiliser des interfaces différentes permet de mettre en place des schémas mentaux variables de l'utilisation d'un ordinateur et cela nous permet d'apprendre à penser différement pour créer les outils de demain. C'est dans cette voie qu'Apple a lancé avec succès le remplaçant de son obsolète prédécesseur et le fameux «think different» n'a jamais été aussi vrai que ces dernières années.

Je vous passerai mes tentatives d'utilisation d'OSX,  les diverses combinaisons pomme n'ont jamais réussi à faire comprendre à X11 qu'il y avait quelque chose à coller. Pas possible de faire des glisser-déposer en utilisant exposé, il faut donc arranger ses fenêtres avant.... on est toujours obligé de manipuler les fenêtres par la barre de tître ou les coins ce qui est fastidieux .... tout cela pour vous dire que j'ai sans doute manqué le comment du pourquoi un Mac rendait le travail du développeur plus facile (surtout pour faire du dev web). Je veux bien mettre ça sur le compte de mon incapacité à comprendre comment utiliser une souris qui n'a qu'un bouton. J'ai cependant utilisé au quotidien  AfterStep, Enlightenment, fluxbox et KDE avec Kompiz et testé quelques dizaines d'autres environnements graphiques aux philosophies exotiques (dont BeOS* 5) avec plus ou moins de bonheur.

Évidemment Ubuntu et consors sont très loin d'être parfaits (Branchez un deuxième écran sur Linux et sous OSX vous verrez la différence) et OSX est beaucoup plus utilisable que son cousin propriétaire à fenêtres (installez et désinstallez une appli vous verrez la différence). J'ai plusieurs amis qui travaillent sur des images ou de la vidéo et OSX leur facilite apparemment grandement la vie. En cela OSX a encore des longueurs d'avance sur tous ses concurrents mais cette facilité, même vernie d'une présentation léchée, a un prix caché qu'il convient de considérer.

Le premier «truc qui cloche» est la différence entre paroles et faits de la part d'Apple sur les mécanismes de protection de la propriété sur tout ce qui touche à la musique. Alors que Steeve Jobs avait, en pleine sortie de Vista, fait savoir que les DRM ne marchaient pas et que si ça ne tenait qu'à eux cela n'existerait pas mais qu'ils étaient obligés de les utiliser, il s'avère que les différentes générations d'I-pode et de Mac sont de plus en plus vérouillées et vont jusqu'à refuser de lancer leur logiciel si les signatures numériques ne sont pas vérifiées.

Le deuxième truc qui cloche, c'est l'I-phone ou les développeurs sont obligés de céder leur travail à Apple pour voir leur application installable sur votre téléphone. La firme se réserve le droit d'évincer en ligne les logiciels indésirables de votre terminal comprenez les logiciels dont apple aura sa propre version ou nuira à la marque. Avait on déjà vu un comportement aussi intrusif dans l'informatique personnelle ?

Le troisième truc qui cloche ce sont les petites différences entre OSX 10.4 et 10.5 qui ne sont pas sans rappeler les choix de Microsoft concernant Vista : une simplification (encore ?) de l'interface dans le but bien légitime de nous aider, nous pauvres utilisateurs d'ordinateurs. Dans un discours ambigu, le mot «simplification» rime souvent avec «faire comme untel  veut qu'on fasse». Ainsi de plus en plus de mécanismes nous «aident» à utiliser l'ordinateur toujours de la même façon pour tout le monde. La face cachée de cela est que ça rend la conception des système de blocage plus simple. Cela pourrait paraître tiré par les cheveux si on ne savait pas que les nouveaux mac book sont étonnemment équipés d'une puce de «contrôle des contenus».

À l'heure ou je vois fleurir des notes de blogs sur «N'est il pas plus important d'utiliser des contenus libres que des logiciels libres» je m'inquiète (encore une fois) qu'on puisse commencer à transiger sur la liberté de l'information vu la place croissante notre identité numérique dans la vie de tous les jours. L'orientation que prend le deuxième acteur le plus important de l'informatique personnelle ne fait que renforcer mes craintes. Il ne faut pas placer la charrue avant les beufs, les contenus libres et les informations personnelles ne le resteront qu'à partir du moment ou l'on utilise des logiciels libres.

Microsoft après bien des victoires pour imposer son système d'exploitation au monde entier a perdu la bataille d'internet ou seuls des Internet Explorer auraient été capables d'afficher des sites faits avec Frontpage et Internet Commerce (tout cela ne fonctionnant que sous Windows évidemment propulsé par IIS). Apple est en train de gagner celle de la diffusion de contenus numériques, les chaines Hi-Fi sont pourvues de prises propriétaires I-Pod, I-Tune supporte les CD «protégés» en refusant l'importation dans votre collection et tout le monde est d'accord sauf peut être vous ... qui acceptez implicitement de voir l'ordinateur que vous avez acheté lancer à votre insu des programme pour espionner et controller l'utilisation que vous en faites mais quand il s'agit de faire avaler un suppositoire à quelqu'un on s'arrange pour le rendre joli et sucré.

En retombant dans un panier numérique qui nous ramène sans cesse au tiroir-caisse pour utiliser légitimement nos contenus, c'est à dire ceux que nous avons créé ou acheté, nous sommes arrivés aujourd'hui loin du «think different» d'un système qui prétendait amener une autre approche de l'utilisation des ordinateurs. Encore plus loin de la publicité ou Apple comparait IBM a Big Brother et sa pensée unique. En fait avec IBM et Microsoft, nous connaissons déjà cette prison du «don't think at all», peut être celle d'apple est elle plus sexy, plus agréable.

* Utilisateurs de BeOS vous serez peut être intéressés par Haiku qui bien qu'encore instable est un OS libre extrèmement prometteur.
Par greg
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés